Grandes Cuisines - 120 - Juillet/Août/Septembre 2016

LOCACUISINES © Locacuisines

LOCACUISINES

Apporter des solutions aux contraintes budgétaires et techniques


Leader sur le marché de la location de cuisines modulaires, Locacuisines a été repris en avril dernier par Philippe Beato, nouvel actionnaire majoritaire et dirigeant opérationnel. Le groupe composé des sociétés Locaconcept et TBM Services souhaite désormais consolider sa place et s’ouvrir à de nouvelles perspectives.

Créé en 1996, Locacuisines s’est spécialisé dès son lancement dans la location de cuisines mobiles, provisoires et transportables, à destination des entreprises et des collectivités. La marque a été rachetée en avril 2016 par Philippe Beato par le biais de la holding Alvad, avec le soutien financier de la Banque Publique d’Investissement (BPI France) et de Galia Gestion (Caisse d’Épargne). Âgé de 46 ans, son nouveau dirigeant a notamment été directeur régional d’Avenance dans la région Sud-Ouest pour les activités enseignement du groupe Elior. Une expérience qui permet à l’intéressé de « comprendre les besoins et le potentiel de ce marché ». Implantée en banlieue toulousaine, à Fenouillet, cette société compte aujourd’hui 46 salariés et a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 9 millions d’euros. Une autre base, située à Nantes, est chargée du Nord et de l’Ouest de la France. L’ouverture d’une agence à Paris en 2018, devrait permettre une meilleure couverture de l’Île-de-France, du Nord et du Grand-Est.

Une demande en constante évolution
Depuis sa création, la marque Locacuisines s’est développée au gré de l’évolution du marché. L’idée était tout d’abord d’apporter une solution aux collectivités et entreprises ne souhaitant pas dégrader la qualité des repas proposés à leurs salariés, pendant des périodes de travaux pouvant aller de 6 mois à 2 ans. La location de cuisines modulaires répond également à des besoins financiers, « nous offrons aux acteurs industriels des solutions locatives clés en main », commente Philippe Beato. Enfin, les grands restaurateurs, qui possédaient par le passé des parcs de cuisines centrales, disponibles pour la production de repas supplémentaires, se tournent aujourd’hui vers les produits Locacuisines. Ainsi, si dans les années 1990 et 2000 l’entreprise travaillait avant tout avec les collectivités, de nouveaux acteurs permettent à la marque de poursuivre sa croissance. « Aujourd’hui, nous travaillons à 55 % avec les entreprises publiques et les collectivités. Pour le reste, il s’agit d’entreprises privées et de la restauration industrielle », explique le nouvel actionnaire du groupe.

Un marché de niche hétérogène
En France, le marché des cuisines provisoires compte « trois acteurs pertinents », selon Philippe Beato. « C’est une niche à potentiel, estimée à 40 millions d’euros par an, dont nous sommes leaders à l’heure actuelle. » On y retrouve par ailleurs trois autres types d’acteurs de « substitution », qui viennent concurrencer les sociétés traditionnelles. « Il y a tout d’abord l’exemple de l’hôpital de centre-ville qui déplace ses salariés dans un établissement de restauration voisin. C’est assez fréquent. » Il faut également compter sur les loueurs de modules classiques : « Ces sociétés sous-traitent le matériel de restauration, ce sont des solutions moins techniques. Comme ce n’est pas leur spécialité, ils n’aiment généralement pas faire ça. » Enfin, il y a les loueurs de matériel de cuisine qui sous-louent des modules, « mais pour faire de la cuisine, il faut un agencement, une bonne isolation : du sur mesure en fait », explique le dirigeant de Locacuisines. Pour se faire une place sur ce marché hétérogène, l’entreprise peut compter sur la taille de son parc qui couvre  l’ensemble du territoire national. « Nous pouvons agir partout en France, sur tous les terrains et à n’importe quelle époque de l’année. Cela pour des chantiers allant de 1 à 60, voire 70 modules. » Locacuisines peut également se reposer sur une équipe totalement dédiée à la cuisine et des produits de haute qualité, parmi lesquels on dénombre 300 modules techniques (cuisson, froid, laverie…) et près de 2 500 matériels professionnels de cuisine. La société souhaite à l’avenir développer sa proximité avec les chefs et exploitants, afin de « répondre aux besoins des utilisateurs et apporter des solutions adaptées. Nous souhaitons aussi rentrer dans une version 2.0, avec une attention particulière portée sur la consommation d’énergie », ajoute Philippe Beato.

De belles perspectives
Le dirigeant et actionnaire se montre optimiste quant à l’avenir du marché de la location de cuisines modulaires. « La crise financière de 2008 a gelé pendant 5-6 ans les équipements de cuisines, devenus obsolètes, de certaines entreprises. Il y a un fort besoin de renouvellement et donc de la demande. » À cela s’ajoutent d’autres indicateurs « plutôt positifs, même s’il est toujours difficile de s’avancer, comme la légère reprise économique et les taux d’intérêt nuls ». Ainsi, Locacuisines souhaite désormais développer un nouvel axe dans sa gamme de produits, avec des cuisines un peu moins sur mesure et plus standardisées. En touchant des acteurs plus petits ou au budget limité, le groupe espère élargir son marché. « C’est aussi une façon de se constituer un produit d’appel permettant à certains clients de tester notre offre sur des petites durées, pour utiliser ensuite nos produits plus poussés », ajoute le dirigeant du groupe toulousain. Par ailleurs, le leader de la cuisine modulaire souhaite répondre à la demande de certains clients ne désirant pas investir dans le dur pour des raisons financières. « Ils nous réclament depuis quelques années des cuisines ayant une durée de vie de 6 à 10 ans. » Locacuisines espère dans les années à venir apporter des solutions fiables, répondant aux contraintes budgétaires et techniques de ses clients, mais aussi développer des produits plus modernes et plus ergonomiques. Pour ce faire, la société va proposer de nouvelles solutions via le Li-Fi et les objets connectés. L’entreprise s’intéresse aussi aux technologies de l’impression 3D, « on en est encore aux balbutiements, mais nous souhaitons vraiment être les premiers à intégrer ces techniques dans notre domaine ». La marque s’est également fixé pour objectif d’anticiper les normes 2020 en matière de réglementation thermique (RT) : « Nous voulons les intégrer en amont afin d’apporter des réponses de manière rapide à nos clients le moment venu. » Autant de projets qui permettent à Philippe Beato et ses partenaires de voir l’avenir avec ambition : « L’idée est de développer de 40 % l’activité de l’entreprise avec le soutien de BPI et de la Caisse d’Épargne. » Un objectif atteignable quand on sait que Locacuisines connaît chaque année une croissance moyenne avoisinant les 6 %.

Julien Guibet


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