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Grandes Cuisines - 121 - Octobre/Novembre/Décembre 2016

Le point sur le BIM

Bureaux d'études

2. Le point sur le BIM


Les architectes se mettent au BIM, suivis par les bureaux d’études. En ce qui concerne les grandes cuisines, il y aura également une obligation de respecter cette réglementation, pour l’équipement du bâtiment. On en parle ? 

FCSI : Le BIM, qui est avant tout un outil de travail, n’est pas à mon sens une révolution mais une évolution dans la façon de concevoir, construire et gérer un bâtiment. Il sera réellement performant quand les informations partagées sur la maquette numérique aideront les exploitants dans leur gestion de la maintenance, de suivi de performances de bâtiment et de renouvellement des équipements. Au stade actuel, il sert avant tout à présenter aux maîtres d’ouvrages des images tridimensionnelles et d’éviter les erreurs de conception dès l’avant-projet, si tant est que tous les intervenants soient équipés pour travailler sur la maquette et la « nourrir » avec toutes les informations nécessaires.

G.SIR : Le passage au BIM en France est aussi perturbant que lorsque nous sommes passés de la table à dessin au dessin informatique. Tout changement est toujours difficile, car il nécessite une remise en cause profonde de nos structures. Sur le plan économique : remplacement des ordinateurs (plus puissants) afin de permettre le travail en ligne, changement de langage avec le passage sous Revit pour notre agence, changement de notre connectique (passage à la fibre), protections de données sur un data ou encore formation des collaborateurs. Sur le plan opérationnel : nos différentes expériences nous montrent que chaque projet est unique, et le Bim manager peut définir des chartes très différentes, ce qui nécessite de repenser ses bibliothèques pour coller à la convention. Nous devrions début 2017 basculer définitivement toutes nos opérations (sans contraintes de la part de nos clients) au format BIM, c’est donc que quelque part nous nous y retrouvons. La plus grosse contrainte dans le passage au BIM réside dans le fait qu’il n’est pas à la base compatible avec des marchés publics dans le cadre de missions de maîtrise d’œuvre classiques (loi MOP) et le fait que la filière (fabricants et installateurs) n’est pas complètement prête (certaines petites structures sont encore à la table à dessin et vont devoir passer directement au BIM !).

BEGC : Le BIM est un investissement en argent et en temps conséquent pour les petites structures. Il a fallu développer de nouvelles compétences en interne. Mais le jeu en vaut la chandelle et aujourd’hui, BEGC est formée et partie prenante dans cette nouvelle aventure. Tout projet lancé en 2015-2016 chez nous sera réalisé selon la méthode BIM. Les maîtrises d’ouvrage réagissent très favorablement à cette avancée technique, qui permet la mutualisation des données tout au long de l’étude et des niveaux de rendus bien supérieurs à ceux connus jusqu’à présent grâce à l’utilisation de la 3D.

FCO : Je travaille en 3D avec des tables de nomenclatures depuis longtemps. Je suis en train de passer à Revit et j’ai des projets en BIM. Je pense que le BIM sera beaucoup plus lourd à gérer pour les installateurs qui devront remplir les bases de données uniquement pour les BE cuisine.

ERM : Cela révolutionne notre secteur d’activité, modifie notre méthode de travail et facilite l’intégration de notre travail dans une base de travail commune. Dans la construction d’un hôpital, par exemple, la cuisine représente moins de 1 % du coût du projet global. C’est donc normal de rendre un travail intégrable facilement dans la méthodologie du client. Par contre, cela impose la création complète et importante d’une nouvelle base de données de dessins.

IRECO : La formation à ces nouveaux outils se pose. Dès la session en cours (2016-2017), nous avons intégré un jour de formation sur le BIM. Nous assurons aussi quatre jours d'initiation à AutoCad, cinq jours pour Revit et deux jours de perfectionnement pour l'ensemble. La généralisation de la maquette numérique devrait améliorer la qualité des constructions et modifier la gestion des risques ou des responsabilités. Une meilleure gestion des itérations du projet, une visualisation facilitée et anticipée des problèmes et une communication accrue entre les intervenants. En contrepartie, il y a une vrai coût des matériels et logiciels à acquérir, un manque de compétence au sein des entreprises, un manque d'information, ainsi qu’un manque de standardisation des outils et protocoles.

Sylvaine Bouquerel, ingénieure-maître en restauration : C’est un sujet peu évoqué, voire inconnu de nos clients car les BE le déploient depuis peu. Je prévoie de créer une présentation « BIM pour les nuls » qui initiera les exploitants néophytes.

Éric Martel, gérant de Tecnorest : Très honnêtement pour nous, le Bim n’a pas d’incidence, parce qu’on ne nous demande pas de l’utiliser dans nos missions, contrairement à un bureau d’études grandes cuisines qui ne fait que de la maîtrise d’œuvre ou que des études. Ce n’est pas à l’ordre du jour. L’utilisation de cet outil n’est pas une priorité.


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