Le 11 juin à Lyon, les adhérents du Synetam étaient réunis pour leur Assemblée générale. Le syndicat a dressé le bilan d’une année 2025 marquée par le renforcement de l’organisation et présenté plusieurs chantiers stratégiques destinés à accompagner les mutations du secteur des équipements de cuisine professionnelle. Trois ans après la fusion ayant donné naissance au Synetam, le syndicat fédère désormais 91 entreprises représentant une douzaine de métiers, des équipements de grandes cuisines aux arts de la table, en passant par la coutellerie et les conduits de fumée. Une partie du conseil d’administration a été renouvelée, accueillant trois nouveaux administrateurs : Mathieu Lamacq (Ali Comenda), Flavien Dumont (Charvet, SIL) et Matthieu Sibille (ITV, Coreco, Arcometal).
Des avancées dans plusieurs domaines clés
Le rapport moral présenté par le président Pierre Marcel et le vice-président Guilhem Pinault a souligné les résultats obtenus dans plusieurs domaines clés. Sur le plan de la visibilité de la profession, le partenariat avec l’écosystème du Sirha s’est renforcé, et le Synetam a participé pour la première fois à un espace filière sur le salon Maison&Objet. Une série de 18 portraits vidéo d’adhérents a également contribué à valoriser les savoir-faire des industriels du secteur.
La responsabilité sociétale reste un axe majeur. Le dispositif Valo Resto Pro®, développé avec Ecologic, a permis de collecter plus de 25 000 tonnes de déchets d’équipements de cuisine professionnelle en 2025, soit un taux de collecte représentant 65 % des mises sur le marché annuelles. Une performance qui illustre la montée en puissance des démarches d’économie circulaire dans la profession. L’appel à candidatures pour la 6e édition des Trophées Valo Resto Pro® vient d’ailleurs d’être lancé.
Sur le volet technique, la marque BIM approved by Synetam poursuit son déploiement avec 6 entreprises déjà labellisées et de nouveaux dossiers en cours. Le syndicat a également renouvelé son partenariat avec GRDF jusqu’en 2028, afin d’accompagner le développement des gaz verts dans les cuisines professionnelles. L’action d’influence demeure un autre marqueur fort. Le Synetam revendique notamment sa contribution à l’abrogation définitive de la taxe sur les fluides HFC et poursuit sa mobilisation contre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), considéré comme pénalisant pour les industriels européens.
Pour 2026 et au-delà, plusieurs initiatives structurantes sont lancées : création d’un groupe de travail dédié à l’univers du café, déploiement de Synetam Avantages pour les salariés des adhérents, et surtout mise en œuvre d’un plan d’action pluriannuel baptisé « Menace low-cost : faire face et reprendre l’initiative ». Une première étape de cette stratégie sera dévoilée lors du Sirha 2027.
Des dynamiques contrastées
Dans un contexte économique toujours tendu, le Synetam affiche sa volonté de renforcer la compétitivité et l’impact d’une filière confrontée à de profondes évolutions. Côté chiffres, le Synetam indique que « sur un échantillon constant de membres dont les données couvrent la période 2019–2025, l’indice de chiffre d’affaires s’établit à 102,9 en 2025, confirmant un palier structurellement supérieur au niveau pré-Covid. Après le choc de 2020 (indice 73, soit -27 %), le collectif a su rebondir rapidement et ancrer durablement son activité au-dessus de la référence 2019. Le léger recul par rapport au pic 2024 (105,0) appelle à la vigilance. Si les acquis post-Covid restent solides, la tendance invite à ne pas tenir pour acquis la progression des années précédentes. La saisonnalité de l’activité s’est par ailleurs reconfigurée : le T2 et le T4 concentrent davantage de chiffre d’affaires, créant des pressions opérationnelles ».
La restauration en France constitue « un tissu fragmenté aux dynamiques contrastées », qui se reflète dans l’achat de matériels. « Le grand équipement destiné aux indépendants (700 M€) reste le segment le plus important en valeur, mais il souffre du report des investissements. (…) Le marché des chaînes et grands projets (600 M€) est en croissance structurelle, tiré par les ouvertures QSR et les cycles de rénovation. (…) Le petit équipement (300 M€) est le segment le plus dynamique en volume, porté par l’essor du snacking et des dark kitchens », commente le Synetam. Le SAV et la disponibilité des pièces détachées « sont devenus des critères de sélection décisifs ».
K.A.
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